La saison est lancée : les colzas fleurissent

Dès que les paysages se teintent de ce jaune vibrant caractéristique, le signal est donné. Pour les apiculteurs comme pour les abeilles, la floraison du colza n’est pas seulement un spectacle visuel ; c’est le premier grand rendez-vous de l’année, marquant la fin de l’hivernage et le lancement de la production de miel.


Une ressource essentielle pour la colonie

Le colza est ce qu’on appelle une plante mellifère majeure. Sa floraison précoce (généralement en avril) arrive à un moment critique où les réserves hivernales de la ruche sont au plus bas, ou ont tout juste commencé à se reconstituer grâce aux Prunus.

Une source de nectar généreuse : Les fleurs de colza sont particulièrement productives. Une seule parcelle peut fournir une quantité de nourriture telle que les abeilles commencent à stocker les premiers surplus de miel de la saison.

Un apport massif de pollen : Riche en protéines, il stimule la ponte de la reine et favorise le développement rapide du couvain. C’est le « coup de fouet » nécessaire pour reconstituer les effectifs de la colonie.

Le colza est très impressionnant car un seul pied peut porter entre 200 et 600 fleurs. On estime qu’en pleine floraison, c’est donc au minimum 50 millions de fleurs par hectare (dépendant de la densité du semis et de la vigueur de la plante).

Cela dit, la présence des fleurs ne suffit pas, comme souvent, elles ont besoin d’une météo favorable. Le colza sécrète du nectar de manière optimale quand les températures se situent entre 15°C et 25°C. S’il fait trop sec ou s’il y a trop de vent, le nectar s’évapore ou ne monte pas.

La sécrétion de nectar est en moyenne de 0,2 à 0,6 mg / fleur / jour, ce qui représente un potentiel de 10kg de nectar minimum par hectare.

Ces chiffres sont très impressionnants mais il faut se souvenir que :

  • Les abeilles devront effectuer des millions de sorties pour visiter ces dizaines de millions de fleurs, pour cela, il faut que les ruches soient donc déjà très fortes en population, en ce démarrage précoce, pour profiter de cette floraison et pouvoir stocker l’excédent de miel.
  • Le nectar n’est pas exploitable en l’état par les abeilles : il leur demande beaucoup de travail en plus de celui de le trouver et le ramener. Le nectar contient 80% d’eau, les abeilles vont donc le ventiler dans la ruche pour faire tomber ce taux d’humidité à environ 17 ou 18 %. C’est ce qui permet au miel de se conserver sans fermenter. Les abeilles vont également se le transmettre de bouche en bouche (c’est la trophallaxie), c’est ainsi qu’elles y ajoutent les enzymes qui en font du miel.

Le travail de l’apiculteur

Plus la météo est favorable, plus il faut être réactif et suivre les abeilles de façon rapprochée pour :

  • pouvoir poser des hausses et en suivre le remplissage,
  • vérifier que la reine a suffisamment de place pour continuer à pondre : l’apport massif de nectar et de pollen stimule énormément sa ponte et il faut lui permettre de le faire sans aucune rupture.
  • Enfin, la particularité du colza est que son miel cristallise très rapidement, parfois même dans les rayons de la ruche s’il y a des gelées noctures. Il faut le récolter dès que la floraison touche à sa fin ou que les cadres sont operculés (recouverts de cire par les abeilles) et l’extraire très rapidement car s’il cristalise dans les cadres, il devient impossible à extraire sans détruire la cire.


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